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1.12.2010 La concurrence ne se limite pas aux coûts salariaux | |
| Le ministre-président flamand ne s’est pas encore défait de son passé à l’Unizo.
Le ministre-président Kris Peeters ne parvient pas à laisser derrière lui son passé de patron de l’Unizo. Les négociations interprofessionnelles viennent à peine de commencer qu’il estime déjà nécessaire de donner un sérieux coup de pouce aux employeurs. Dans une interview publiée dans "De Standaard", il a demandé au Groupe des 10 de ne pas prévoir d’améliorations du pouvoir d’achat. Il estime que la Flandre doit davantage s’inspirer de ce qui se passe en Allemagne. "Je constate simplement que l’Allemagne enregistre de meilleurs résultats que tout autre pays européen." Il plaint aussi les employeurs, car "les Belges ont le réflexe de tout mettre sur le dos des entreprises. Certains considèrent que ce sont toujours les entreprises qui doivent céder, alors qu’il faudrait plutôt les encourager afin de créer de l’emploi et de générer de la croissance économique".
En matière d’emploi, nous constatons que la Belgique a présenté des chiffres bien meilleurs que nos trois pays voisins. Depuis l’adoption de la loi sur la compétitivité et l’emploi (1996), la croissance de l’emploi belge s’est intensifiée de 3,3% dans le secteur privé. Entre 1996 et 2009, la Belgique a connu une croissance de 12,1%, contre 4% chez nos pays voisins. C’est surtout comparativement à l’Allemagne que l’évolution belge a été considérablement meilleure. Depuis 1996, le petit pays qu’est la Belgique a, chaque année, créé plus d’emplois que l’Allemagne. Les entreprises font donc ce que le ministre-président attend d’elles: créer de nouveaux emplois.
En ce qui concerne l’approche des entreprises (et, plus particulièrement, l’impôt des sociétés), Kris Peeters estime que les entreprises sont considérées comme des vaches à lait. Selon les chiffres du vice-premier ministre Didier Reynders, le taux d’imposition réel ne s’élève cependant qu’à 13,6%. Au cours des dernières années, les entreprises ont bénéficié de réductions d’impôts substantielles. En théorie, le taux est en effet de 33,99%, mais suite aux différentes réductions et déductions, le taux moyen réel avait déjà diminué jusqu’à 19,9% en 2001, puis jusqu’à 13,6% entre 2001 et 2008.
Kris Peeters manque de clairvoyance quand il affirme que l’Allemagne affirme de meilleurs prestations que le reste de l’Europe. Il suffit en effet de songer à la pauvreté que connaît l’Allemagne. Entre 2005 et 2009, le nombre de personnes qui présentaient un risque de pauvreté a augmenté de 2.630.000, soit une hausse de plus d’un quart (+26,4%).
En Allemagne, 20% des travailleurs gagnent moins de 10 euros (bruts) de l’heure, et 1,15 million de travailleurs gagnent moins de 5 euros (bruts) de l’heure. Le nombre de travailleurs pauvres augmente depuis 2003-2004. Au cours des 10 dernières années, l’Allemagne a lourdement fait pression sur les coûts du travail. Elle a également introduit un système de "mini-emplois" à 400 euros nets par mois. Si tous les pays font de même, l’Allemagne perdra son titre d'"économie la plus concurrentielle" et, in fine, les travailleurs de tous les pays verront leur situation se détériorer. Ce modèle n’est pas viable pour les pays de la zone euro. C’est un système de dumping social. Est-ce vraiment ce que le ministre-président veut?
La CSC se montrera raisonnable avec la marge de 2011-2012. Nous savons très bien que nous ne pouvons pas compter sur le gouvernement fédéral pour augmenter cette marge ni pour réduire le handicap salarial. Que les employeurs nous disent que rien n’est possible, passe encore. Mais il est inacceptable que le ministre-président du gouvernement flamand le clame haut et fort. Nous attendons surtout du gouvernement flamand qu’il fasse davantage d’efforts au niveau des leviers économiques qui dépendent de la Flandre.
Pour plus d’informations: Claire Delobel, secrétaire politique de la CSC, 02.246.35.04. | |
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