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1.12.2010 La FEB offense les délégués syndicaux! | |
| C’est avec indignation que la CSC a pris connaissance des propos désobligeants tenus par Rudi Thomaes, administrateur délégué de la FEB, suite aux récents événements de harcèlement au travail. Il est intervenu dans une tribune libre du quotidien "Le Soir" et sur la page d’accueil des versions néerlandaise et française d'"Infor FEB". Ces articles stipulent en gras dans le texte que "des études ont montré que les travailleurs protégés d’une manière ou d’une autre sont plus enclins à commettre des actes de harcèlement moral". Il ne précise pas de quelles études il s’agit. En outre, la FEB diffuse une affiche représentant la main soignée d’un dirigeant d’entreprise qui retient la main calleuse d’un ouvrier.
Cette prise de position est démagogique, offensante et dénuée de tout fondement. La CSC n’accepte pas que ses délégués soient blâmés de la sorte alors que ce sont précisément eux, en tant que délégué ou personne de confiance, qui accueillent les victimes de harcèlement.
Des rapports diffusés cette semaine, notamment par Securex et Idewe, font toutefois état d’une situation bien différente. Idewe est le premier service de prévention du pays et traite la majorité des plaintes en matière de harcèlement dans les entreprises. Ce service rapporte que, en matière de harcèlement, les dirigeants constituent le groupe le plus important (33%) sur le banc des accusés, suivi de la direction (23%). Dans 64% des cas de harcèlement, le plaignant occupe une position hiérarchique inférieure à celle du harceleur. Dans 26% des cas, le plaignant et la personne mise en cause sont de niveau équivalent. Securex, à l’instar d’Idewe, est également un service de prévention (son conseil d’administration se compose exclusivement d’employeurs). Dans un communiqué de presse, il indiquait que 60% des travailleurs harcelés désignent leur patron comme harceleur, 21% des collègues et 9% des externes. Le SPF ETCS a également publié des résultats similaires: 48% des cas de harcèlement sont le fait de supérieurs hiérarchiques, 29% de collègues.
Selon le SPF ETCS et Idewe, ce sont surtout les employeurs qui manquent à leur obligation en n’élaborant pas de politique anti-harcèlement. Selon le rapport annuel de l’inspection du bien-être au travail, 1.419 visites d’inspection sur le harcèlement au travail ont été menées en 2009. On a relevé des manquements dans plus de la moitié des cas. Ces employeurs ont reçu des avertissements écrits (31%), oraux (12%) ou un avis rectificatif (16%). Selon Idewe, 10% de l’ensemble des employeurs n’ont absolument aucune politique contre le harcèlement au travail, bien que cela soit une obligation explicite depuis 2002.
La CSC salue la requête des responsables politiques d’améliorer la législation. Nous espérons que l’on sera surtout attentif à améliorer l’application de la législation et à accroître les moyens nécessaires pour permettre aux services d’inspection de fonctionner dans le respect des normes européennes.
En Belgique, un inspecteur doit visiter 1.718 entreprises en moyenne par an (ce qui représente quelque 26.000 travailleurs). Avec ce résultat, nous occupons la queue du peloton. La moyenne européenne est de 1 inspecteur pour 10.000 travailleurs.
La CSC se réjouit du soutien de l’Open VLD et des employeurs pour traiter plus rapidement la problématique du harcèlement au travail. C’est un meilleur point de départ qu’en 2002. A l’époque, l’Open VLD, la FEB et Unizo tempêtaient contre cette loi et demandaient sa suppression en des termes particulièrement virulents. On considérait à l’époque que la protection contre le licenciement des victimes du harcèlement était exagérée et inacceptable et qu’elle constituait un modèle de formalisme excessif.
Pour plus d’informations: Claire Delobel, secrétaire politique de la CSC, 02.246.35.04. | |
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