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30.11.2011

La CSC insiste: une concertation s’impose pour rétablir l’équilibre dans le plan d'assainissement

Un assainissement budgétaire est nécessaire. La CSC en est consciente. Il doit nous permettre de rester en-dessous de la norme européenne de 3%, pour ne pas nous retrouver sous la tutelle de la Commission européenne et nous exposer à des sanctions. Il s’agit aussi d’essayer de calmer l’emballement des marchés financiers et de faire face aux coûts du vieillissement qui s’annonce.

Il est toutefois de plus en plus clair que les charges de l’accord sont très injustement réparties. Les défenseurs de cet accord insistent sur le fait que chacun doit payer son dû, dans l’intérêt de tous. La CSC peut suivre ce raisonnement.

La CSC constate cependant que les travailleurs et les allocataires sociaux doivent payer nettement plus que leur part. Trois groupes sont particulièrement visés: les jeunes chômeurs, les chômeurs de longue durée et les travailleurs âgés. Cet accord démantèle des droits sociaux et porte atteinte au pouvoir d’achat de nombreuses personnes, singulièrement les plus faibles:
  • Les travailleurs âgés voient l’âge de la prépension et de la pension anticipée augmenter de 2 à 5 ans d’un seul coup.
  • Les personnes qui sont déjà prépensionnées sont également touchées: à partir de 2012, les années en-dessous de 60 ans ne seront plus complètement prises en compte pour la pension.
  • Dans le même temps, des mesures comme les emplois de fin de carrière, le crédit-temps et la prépension à mi-temps font aussi l’objet de coupes sombres alors qu’elles doivent aider les travailleurs âgés à travailler plus longtemps.
  • Le budget destiné à permettre une meilleure liaison au bien-être du revenu des pensionnés, des invalides et autres non-actifs ainsi que d’autres allocations est réduit de 40%.
  • De lourdes économies sont prévues dans les soins de santé. S’il n’y a pas d’accord avec les prestataires de soins, ce sont les patients et le personnel qui devront avaler la pilule.
  • Cet accord va réduire l’allocation des chômeurs de longue durée, y compris les chefs de ménage et les isolés, à un minimum qui ne leur permettra pas de vivre. On organise la pauvreté. Aujourd’hui, le nombre de chômeurs risquant de sombrer dans la pauvreté est de 33,4%.
  • Face à la problématique persistante du chômage, à la dégressivité des allocations de chômage et au démantèlement de l’emploi dans la fonction publique, qui aura des conséquences en termes de services, l’accord prévoit un plan pour l’emploi qui ne coûte pas le moindre cent.
  • Les jeunes qui ne trouvent pas directement un emploi devront attendre 12 mois avant de recevoir une allocation d’attente misérable. Certains perdront leur allocation en cas de chômage de longue durée.
Les efforts demandés à ces groupes sont de plus en plus lourds alors que les lobbies des riches fortunés ont pu sauvegarder certains de leurs tabous. Ainsi, il n’est plus question de taxe sur les grandes fortunes, de taxe sur la plus-value pour les particuliers ou de taxe sur les billets d’avion. Par contre, la redevance radio-télévision refait son entrée sous la forme d’une taxe linéaire sur la télévision payante.

De plus, les libéraux annoncent sans sourciller qu’ils reprendront leurs attaques contre l’index dans quelques semaines. Pourtant, les hausses d’index sont avant tout la conséquence d’une politique qui échoue à contrôler les prix (de l’énergie).

Tout le monde parle aujourd’hui de réformes structurelles, soulignant qu’on ne les a attendues que trop  longtemps. La CSC constate que ces réformes touchent unilatéralement les travailleurs âgés, les chômeurs de longue durée, les jeunes chômeurs, les pensionnés, les invalides et les veufs/veuves. Par contre, les autres réformes structurelles, bien plus importantes, restent absentes:
  • la régulation des marchés financiers;
  • une nouvelle régulation du marché de l’énergie;
  • l’unification des statuts des ouvriers et des employés;
  • une réforme fiscale, dans le sens d’une plus grande justice;
  • le financement alternatif de la sécurité sociale, qui pèse moins sur les revenus du travail et plus sur les revenus du patrimoine et les autres groupes sociaux.
La CSC espère que ce message, appuyé par une manifestation nationale, convaincra. La CSC demande à la nouvelle équipe gouvernementale d’entamer le dialogue sur ces différents points. En ces temps difficiles, la concertation est la meilleure voie pour tous.
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