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31.8.2011

Augmentation des allocations sociales ce 1er septembre: il faut poursuivre ce mouvement de rattrapage et non le freiner

Augmentation de 2% des allocations minimums ce 1er septembre. Malgré cette hausse, certaines de ces allocations  sont  encore nettement inférieures à la norme de pauvreté européenne. Pour la CSC, il faut poursuivre ce mouvement de rattrapage et non le freiner.


Ce 1er septembre, les minima dans la sécurité sociale et l’aide sociale augmenteront de 2% (en plus des indexations ordinaires). Cette hausse découle du projet d’accord interprofessionnel repris par le gouvernement, c’est un pas supplémentaire dans le mouvement de rattrapage amorcé depuis quelques années via le mécanisme de liaison au bien-être.

Cette opération de rattrapage n’est pas un luxe. La Commission d’étude pour le vieillissement a calculé (selon les normes européennes en 2011) ce dont a besoin un isolé ou un couple pour ne pas courir le risque de basculer dans la pauvreté. Cette "norme de pauvreté" est de 1.013 euros (brut) par mois pour un isolé et de 1.520 euros par mois pour un couple. A ce montant, il faut encore ajouter 304 euros par enfant (de moins de 14 ans).

La CSC a confronté ces chiffres aux allocations minimums chez nous: malgré l’augmentation de 2%, certaines d’entre elles sont encore nettement inférieures à cette norme.
  • Un travailleur qui a une carrière complète (45 ans, y compris les assimilations) n’aura bientôt plus droit qu’à un minimum de 1.066,33 euros en tant qu’isolé et de 1.332,50 euros s’il s’agit d’une pension de ménage. Cet isolé se situera juste au-dessus de la norme de pauvreté. La pension de survie est même encore un peu moins élevée (1.049,57 euros). La pension de ménage minimum se situe quant à elle 13% en-deçà de la norme de pauvreté.
  • Un chômeur chef de ménage dont le partenaire n’a pas de revenu propre recevra 1.069,40 euros par mois, soit 29,7% en-deçà de la norme de pauvreté.
  • Un jeune chômeur isolé de plus de 21 ans et quittant l’école devra joindre les deux bouts avec 770,60 euros par mois, soit 23,9% en-deçà.
  • L’allocation de chômage minimum d’un isolé s’élèvera à 898,30 euros par mois, soit 11,3% trop peu pour ne pas risquer de basculer dans la pauvreté.
  • Une personne bénéficiant du revenu d’intégration recevra 770,20 euros par mois si elle est isolée, soit 24% trop peu. Le CPAS octroiera 1.026,90 euros par mois à un couple sans enfants, soit 32,4% en-deçà de la norme.
Derrière ces chiffres se cache une grande détresse humaine. A la veille du débat sur l’assainissement, d’aucuns plaident pour mettre fin au mouvement de rattrapage pour lier les revenus de remplacement et l’aide sociale au bien-être. La CSC plaide pour qu’on ne freine pas  cette opération de rattrapage, cela aboutirait à créer davantage de pauvreté.

Une réforme de la sécurité sociale qui n’octroierait plus que le minimum aux citoyens aurait le même effet.
Ces mesures seraient aussi  en totale contradiction avec les objectifs européens en matière de lutte contre la pauvreté (réduire de 20 millions le nombre de personnes courant un risque de pauvreté ou d’exclusion d’ici 2020 en Europe) et l’objectif que la Belgique s’est légalement engagée à poursuivre (réduire de 380.000 unités le nombre de personnes courant un risque de pauvreté ou risquant l’exclusion, d’ici 2020).
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