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CSC Confédération  >  Actualité  >  Communiqués  >  Détail  >  Accord gouvernemental: les épaules les plus larges ne portent pas les charges les plus lourdes
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30.11.2011

Accord gouvernemental: atterrissage d’urgence très difficile, avec de nombreuses victimes parmi les passagers de la classe économique

Après le soulagement ressenti à l’annonce de l’imminence d’un gouvernement, la CSC ne peut que constater que l’accord budgétaire répartit de manière très injuste les charges de l’indispensable assainissement. Les travailleurs et les allocataires sociaux se voient présenter une note très salée. Non seulement de nombreux droits sociaux sont démantelés mais les travailleurs et les allocataires sociaux voient leur pouvoir d’achat menacé par une multitude de mesures. Les épaules les plus larges sont, quant à elles, épargnées. Cet accord budgétaire est une occasion manquée de réduire par des réformes structurelles les charges pesant sur le travail et de faire contribuer de manière juste les autres groupes de la société.

En outre, l’encre de l’accord n’est pas encore sèche que déjà, les négociateurs libéraux annoncent sans sourciller qu’ils reprendront leurs attaques contre l’index dans quelques semaines.

Contrairement à l’appel lancé par le G20, cet accord ne comporte aucun stimulant en faveur d’une croissance économique durable ou de la création d’emplois. L’assainissement brutal et simultané qui frappe l’ensemble de l’Europe risque de nous entraîner tout droit vers une récession.

"Après un vol extrêmement long, l’avion a été contraint d’effectuer un atterrissage d’urgence, faisant de nombreuses victimes dans la classe économique. L’un des copilotes a donné un dernier à-coup au levier de commande pour ménager les passagers de la classe business. Le nombre de victimes dans la classe économique est toutefois très élevé. De plus, l’avion ne s’est toujours pas immobilisé" résume Marc Leemans, le futur président de la CSC.

Le 2 décembre prochain, à l’occasion d’une manifestation nationale, la CSC et les autres syndicats clameront haut et fort que cet accord doit être adapté.

Résumons les mesures qui toucheront durement les travailleurs et les allocataires sociaux.

Travailleurs âgés
  • La prépension passe à 62 ans (d’abord à 60 ans; après évaluation en 2014, éventuellement à 62 ans en 2020) et la pension anticipée à 62 ans d’ici à 2016.
  • La préparation de l’évaluation du Pacte de solidarité entre les générations avait pourtant fait apparaître que l’on était réellement sur la bonne voie. Les employeurs ont misé sur les politiques et ont fait pression sur eux. A présent, cette stratégie se révèle avoir été payante.
  • Or, les travailleurs de plus de 50 ans peinent à trouver un emploi. Les employeurs vont-ils subitement engager plus de travailleurs de cet âge et licencier des travailleurs moins âgés ? L’accord budgétaire ne prévoit pas d’effort supplémentaire pour maintenir les travailleurs âgés au  travail ou pour leur permettre de rester au travail plus longtemps.
  • Ces mesures sont annoncées à un moment où le chômage des jeunes atteint des sommets.
  • Aucun assouplissement n’est prévu pour les travailleurs qui ont commencé à travailler très jeunes et pour les travailleurs occupés dans des métiers lourds.
  • Travailler plus longtemps n’est manifestement pas le vrai motif car les mesures prévoient également un démantèlement du crédit-temps et des emplois de fin de carrière (crédit-temps pour les plus de 50 ans). Le réel objectif est de rendre le licenciement des travailleurs âgés aussi bon marché que possible et de faire supporter les coûts par l’assurance chômage. Les allocations de chômage vont, elles aussi, faire l’objet de coupes sombres.
  • La CSC exige une réelle politique de carrière qui mette bien plus l’accent sur la formation, de sorte que les travailleurs puissent continuer à travailler plus longtemps. Cette politique de carrière doit également leur permettre de lever le pied afin de pouvoir mieux combiner vie professionnelle et vie familiale et de travailler moins en fin de carrière. Or, de politique de carrière il n’est nulle part question dans l’accord.
  • Nous constatons également que l’accord tire à boulets rouges sur les pensions du secteur public.
Travailleurs désirant combiner vie professionnelle et vie familiale
  • Nous constatons que cette possibilité est fortement réduite par le démantèlement du crédit-temps.
Chômeurs
  • A l’heure actuelle, il existe déjà une forte dégressivité du montant des allocations et un contrôle important du comportement de recherche.
  • Le vrai problème, c’est l’offre d’emploi. Le problème du chômage, on le résout en luttant contre le chômage et non en luttant contre les chômeurs.
  • Ces mesures reviennent à organiser la pauvreté. L’allocation minimum pour les chefs de ménage sera de 30% inférieure au seuil de pauvreté, l’allocation minimum pour les isolés de 11%.
  • Or, l’Europe demande de faire reculer la pauvreté.
  • Nous ne voyons pas d’initiatives politiques pour créer de l’emploi.
  • De même, on oublie le rôle important que doivent jouer les pouvoirs publics et l’enseignement pour lutter contre la non-qualification à l’issue des études.
Pensionnés, malades et autres allocataires sociaux
  • Coupes sombres dans le budget des soins de santé.
  • Coupes sombres (minimum 2 fois 40%) dans l’enveloppe destinée à lier les pensions, les allocations d’invalidité et les autres allocations au bien-être alors que nos pensions et nos allocations sont déjà parmi les plus faibles d’Europe.
Jeunes
  • On donne une mauvaise image des jeunes qui reçoivent des allocations d’attente. On les présente comme des personnes qui ont quitté l’école et n’ont aucun jour de travail à leur actif. Ce n’est pas correct: il s’agit souvent de personnes occupées dans des contrats de courte durée, temporaires, et qui dès lors ne peuvent pas apporter la preuve d’un nombre suffisant de jours de travail pour pouvoir prétendre à des allocations de chômage ordinaires.
  • Les jeunes chômeurs sont les premières victimes de la crise mais également les victimes les plus durement touchées. Ces jeunes qui se trouvent à l’aube de leur vie sont une nouvelle fois sanctionnés.
  • Il n’y a pas l’ombre d’une ébauche d’un plan en faveur de l’emploi des jeunes.
Index
  • L’index a manifestement servi de monnaie d’échange dans l’accord. La prochaine attaque est toutefois déjà annoncée. Les organisations patronales continuent elles aussi à insister sur ce dossier. Quand va-t-on prendre les problèmes à la source, en s’attelant essentiellement à l’augmentation des prix de l’énergie?
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