24.2.2011 Robin des Bois: petite taxe, grands effets
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| | Une taxe sur les transactions financières (TTF) permettrait de récolter des milliards de dollars pour lutter contre la pauvreté et les effets des changements climatiques, protéger les services publics… A la veille du G20, Robin des Bois et ses troupes, dont la CSC, l’ont clamé haut et fort.
Prendre un peu aux riches pour donner aux pauvres, c’est ce que faisait Robin des Bois dans la forêt de Sherwood. Les temps ont changé et, le 17 février dernier, c’est au cœur de Bruxelles que l’esprit de Robin des Bois s’est manifesté. A la veille du sommet des ministres du G20 qui se réunissaient à Paris les 18 et 19 février, une délégation "Robin des Bois" a fait le tour des ambassades britannique, allemande et française pour demander aux responsables politiques de ces pays de placer la création d’une taxe sur les transactions financières (TTF) en tête des priorités du G20. Une telle taxe permettrait en effet de financer les objectifs du millénaire pour le développement, la lutte contre les changements climatiques et ses conséquences, la lutte contre la pauvreté au nord comme au sud de la planète.
La délégation "Robin des Bois" était essentiellement composée de représentants d’organisations membres du Réseau pour la justice fiscale (RJF): la CSC, Oxfam-Solidarité, le Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde, la FGTB, le CNCD-11.11.11,…
Déguisés en Robin des Bois, les participants ont proclamé leurs revendications soigneusement gravées sur un texte-parchemin. Ils se sont adressés aux ambassadeurs du Royaume-Uni, d’Allemagne et de France. Ces deux derniers pays se disent en effet disposés à mener une coalition de pays dits volontaires. Ces deux pays désirent que le Royaume-Uni se joigne à eux: Londres constitue en effet un centre financier gigantesque et son soutien aurait des conséquences non négligeables. La délégation s’est également rendue chez le commissaire européen des Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, qui représentait la Commission européenne au sommet du G20. De plus, un courrier officiel a également été envoyé au président français, Nicolas Sarkozy, parce que c’est la France qui préside actuellement le G20 et parce que M. Sarkozy avait inscrit la TTF parmi les priorités de sa présidence. Trois ans après l’éclatement de la crise financière, le débat sur la taxation du secteur financier entre dans une phase cruciale.
De nombreuses organisations, rejointes par des responsables politiques de plus en plus nombreux, plaident vigoureusement en faveur d’une taxe sur les transactions financières (TTF): chaque transaction financière serait légèrement taxée, ce qui permettrait de lever des fonds très importants. Une taxe à un taux de 0,05% sur toutes les transactions financières dans le monde permettrait d’engranger plus de 500 milliards de dollars par an!
Cette taxe ne toucherait que très faiblement les investissements à long et moyen termes mais toucherait davantage les spéculations plus dangereuses et permettrait de les freiner. C’est important car, malgré la crise de 2007-2008, les spéculations financières continuent; après avoir touché le marché hypothécaire américain, les spéculateurs se jettent maintenant sur les produits dérivés basés sur les denrées alimentaires ainsi que sur la dette souveraine.
L’idée serait donc d’instaurer une TTF au niveau mondial. Le G20 pourrait en décider. Mais une taxe au niveau de l’Union européenne ou de la zone euro constituerait déjà un pas en avant considérable. D’où l’action menée à Bruxelles, le 17 février dernier auprès de trois ambassades et auprès du commissaire européen, Olli Rehn.
D’autres mobilisations étaient organisées parallèlement dans d’autres pays par des organisations syndicales, citoyennes, environnementales, de solidarité Nord-Sud. En effet, le 17 février avait été déclaré "Journée mondiale d’action relative à la taxe sur les transactions financières". Elle marquait le début d’une campagne de neuf mois, active jusqu’au sommet du G20 qui aura lieu à Cannes en novembre prochain.
De plus en plus de responsables politiques se sont ralliés à l’idée d’instaurer une TTF. C’est le cas d’un certain nombre de députés européens: ils se sont réunis au sein de l’association "Finance watch" et ils ont été rejoints par un certain nombre d’élus régionaux et nationaux des différents Etats membres de l’Union européenne.
Maintenant, il est urgent qu’ils incitent tous leurs pays respectifs à jouer un rôle important pour arriver à réguler les marchés financiers. Cela permettra de dégager les financements nécessaires pour les biens publics mondiaux, de freiner la spéculation financière et d’obtenir une contribution juste et équitable du secteur financier pour couvrir les coûts d’une crise financière dont il est responsable.
L'austérité n'est pas une fatalité (15.2.2011) | |
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