13.1.2010 Le Chômeur inconnu présenté aux ministres
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| | Janvier, c’est le mois des vœux. Pour les Travailleurs sans emploi de la CSC, un des souhaits pour 2010, c’est de voir se réaliser un véritable plan d’accompagnement des chômeurs. Vers l’emploi! Le 11 janvier dernier, les ministres de l’Emploi Joëlle Milquet, André Antoine et Benoît Cerexhe ont écouté les demandeurs d’emploi et ont pris des engagements.
Une centaine de Travailleurs sans emploi (TSE) de Wallonie et de Bruxelles se sont rendus le 11 janvier dernier au siège du CDH à Bruxelles. Ils y avaient rendez-vous avec les trois ministres francophones de l’Emploi, tous trois du CDH: Joëlle Milquet au niveau fédéral, André Antoine pour la Région wallonne et Benoît Cerexhe pour la Région bruxelloise.
Une délégation constituée d’accompagnateurs syndicaux, de demandeurs d’emploi et de permanents CSC leur a présenté leurs vœux et offert un cadeau de nouvel an: un certificat d’évaluation et une invitation à améliorer la situation des demandeurs d’emploi. Pour eux, Madame Milquet "n’a réussi que partiellement les épreuves du plan d’activation des chômeurs". Le jury lui recommande d’approfondir les critères d’évaluation et de lui transmettre dans les 6 mois un projet complet de révision de l’activation. Les ministres régionaux, eux non plus, n’ont satisfait que partiellement aux attentes des demandeurs d’emploi. Ils ont été invités à vivre une journée "Vis ma vie de chômeur" afin d’approcher la complexité de la situation.
Cette complexité, c’est le "Chômeur inconnu" qui la leur a fait comprendre. En l’occurrence Ronald Noiret, 44 ans, au chômage complet depuis 1994 (à droite sur la photo). Sa formation d’agent technique en eaux et forêts ne l’a mené nulle part. A la fin de ses études, le secteur était bouché. "J’ai pu faire différents boulots quand j’étais dans les catégories des primes à l’embauche. Depuis que j’en suis sorti, c’est fini." Complètement enlisé dans le chômage et les difficultés économiques, il est pourtant le demandeur d’emploi exemplaire avec trois évaluations positives à l’Onem. Mais lui les considère comme trois échecs parce que, à la clé, il n’a toujours pas d’emploi.
Faut-il le rappeler, derrière les froides statistiques et le côté inhumain des chiffres, il y a des hommes et des femmes en souffrance et en grande difficulté sociale. "La situation personnelle des demandeurs d’emploi n’est pas assez prise en compte", déplore Lorita Latini, accompagnatrice de demandeurs d’emploi à Liège, illustrant son propos par l’exemple d’une femme sans emploi seule avec enfants. "Elle avait perdu son logement et a été sanctionnée par l’Onem parce qu’elle avait mis ses énergies à retrouver un logement. Sa recherche d’emploi n’était donc plus prioritaire…"
Pour briser le côté inhumain, le ministre Antoine rappelle que, dès le 1er janvier, au Forem, chaque demandeur d’emploi accompagné n’aura plus qu’un référent unique. Mais le nombre de demandeurs d’emploi par accompagnateur reste un problème: "Entre 200 et 300 personnes par conseiller, n’est-ce pas un peu beaucoup?", questionne Mathieu Diku, permanent à Mons. Pour y remédier, André Antoine annonce que le nombre d’accueillants au Forem va doubler et passer à 600 dans les 18 prochains mois.
En Région bruxelloise, Benoît Cerexhe admet qu’aujourd’hui, Actiris n’est pas en mesure d’assurer un encadrement de qualité. "Mais sa décentralisation a, d’après les enquêtes de satisfaction, amélioré les choses", dit-il. "Pour améliorer la qualité du service, le personnel d’Actiris va être recentré sur la recherche d’emploi et 50 consultants vont être recrutés", promet-il.
La ministre fédérale de l’Emploi, Joëlle Milquet, reconnaît quant à elle qu’il faut trouver une solution spécifique pour les demandeurs d’emploi les plus éloignés du travail par une remise à l’emploi. Pour les autres, il faut renforcer l’accompagnement et assurer de meilleures formations.
Globalement, les représentants des TSE et les ministres étaient sur la même longueur d’onde. Ceux-ci ont reçu certaines critiques, conscients de leur devoir d’améliorer le processus d’activation. Benoît Cerexhe et André Antoine ont accepté l’invitation de partager durant une journée la vie d’un chômeur. Tous trois se sont engagés à être présents le 24 février à Mons lors d’une journée que la CSC consacrera au plan d’activation des chômeurs. Joëlle Milquet a même mis une condition préalable à sa participation: prendre une demi-journée pour la préparer, avec les représentants des demandeurs d’emploi de la CSC, les trois ministres, les chefs de cabinet et une équipe de l’Onem.
Cette rencontre avec les trois ministres aura en tout cas été un premier pas vers plus de cohérence entre les politiques d’emploi. "Depuis le lancement du plan d’activation en 2004, les TSE et la CSC ont toujours travaillé la question des incohérences et ont sorti des propositions concrètes telles que le plan positif d’insertion socioprofessionnelle ou le dossier "pénurie d’emplois"", rappelle Isabelle Barez, responsable nationale des TSE de la CSC. "Des propositions sont sur la table et doivent être actualisées avec les ministres et lors des prochains contacts prévus dans les mois à venir. Le 24 février sera une journée importante. Sur la base des témoignages et du vécu des demandeurs d’emploi, les revendications des TSE seront réaffirmées devant les ministres. Nous leur demanderons des engagements pour un réel accompagnement vers l’emploi et non plus une série de mesures qui s’accumulent sans effet." | |
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